Gabon : Dieudonné Minlama Mintogo sort du bois et égrène des propositions pour juguler les crises politique et sanitaire afin d'apaiser un climat social tendu

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Gabon-Politique-Déclaration de Dieudonné Minlama Mintogo

 

LIBREVILLE,  24 février (Infosplusgabon) - La communauté internationale s’inquiète sur les  dérives  liées à  la  gestion de  la  crise  sanitaire  relative à l’épidémie du coronavirus dans plusieurs pays africains. Le  secrétaire général des Nations  Unies,  Antonio Guterres a accusé les pays les plus répressifs « de se cacher derrière la pandémie pour faire taire toute critique en brandissant la pandémie comme prétexte ». Au Gabon, et ce, parmi  tant d’autres,  la  voix du  Président d’Ensemble Pour la République et ancien  Candidat à l’élection présidentielle de 2016,  Dieudonné Minlama Mintogo,  s’élève pour  ramener un climat apaisé rendu  fragile par les  dernières  mesures  gouvernementales, et notamment un couvre-feu imposé dès 18  heures par les autorités  gabonaises,  et qui met non seulement en péril l’économie du pays mais  qui fragilise les populations économiquement  faibles et  les acteurs économiques, en absence de  mesures  d'accompagnement palpables.

 

 

A l’occasion d’une longue déclaration dopée d’excellentes propositions et que nous  publions  ci-dessous en extension,  M. Minlama Mintogo, s’exprime en ces  termes :

 

« C’est avec beaucoup de tristesse que j’ai décidé  de prendre la parole aujourd’hui et m’exprimer sur les dernières actualités nationales et plus particulièrement, sur le  développement du programme de lutte Contre la pandémie de Covid-19 menée par le gouvernement ».

 

En effet, comme vous l’avez constaté, la crise engendrée par l’arrivée de la pandémie de Covid-19 dans notre pays, au départ sanitaire est devenue progressivement  sociale, économique, politique, culturelle et maintenant sécuritaire.

 

Ces derniers jours, un pas inquiétant et dangereux a été franchi : à Libreville deux (2) de nos compatriotes,   désarmés, exprimant pacifiquement leur refus des dernières mesures de restriction des libertés décidées par le gouvernement ont été lâchement  assassinés par des «  escadrons de la mort   ».

 

Dans plusieurs autres villes du pays, on enregistre des brutalités  policières sur les civiles et on décompte  plusieurs blessés. Une telle escalade de violence ne saurait être justifiée dans un processus conçu exclusivement   pour protéger la vie et la santé des Gabonais.

 

C’est l’occasion pour moi, de présenter mes sincères condoléances  aux familles des disparus et,  d’exprimer mon soutien à toutes les personnes blessées ou victimes de violence mais aussi de demander au Président de la République d’instruire le gouvernement pour que toute la vérité soit faite sur ces différentes bavures afin  que tous les  auteurs et / ou commanditaires  répondent de leurs actes.

Oui, M. Le Président, la Justice doit être au service du citoyen, la justice doit protéger le citoyen et s’abattre de toute sa rigueur sur les criminels quel que soit leur bord, leur statut social.

 

Mesdames et Messieurs,

Gabonaises et Gabonais,

Mes chers compatriotes,

 

Il est clair que dans un climat  aussi délétère, dominé par la suspicion, la division , la haine , la violence et tournant en une confrontation entre le gouvernement  et la population , la guerre contre la pandémie  du  Covid-19 est d’ores et déjà perdue d’avance.

 

Mes chers compatriotes,

 

L’heure est grave ! Notre vivre ensemble et la stabilité du pays sont mis à rude épreuve. La crise multiforme à laquelle nous faisons face  aujourd’hui mérite une réponse efficace et appropriée. Nous ne devons pas la négliger au risque de voir notre cher pays  sombrer dans la violence et l’incertitude. Aussi, nous devons axer notre réflexion vers la définition et la mise en œuvre des solutions durables.

 

Mais,  les solutions durables dans une société en crise ne peuvent se construire sans la participation active des principaux acteurs. Concevoir des solutions déconnectées de la réalité et du vécu des populations condamnera les initiatives à l’échec. Il nous faut être audacieux, courageux, inventifs pour riposter à cette crise multiforme  qui semble s’éterniser et qui va fondamentalement changer nos modes de vie.

 

Le gouvernement doit comprendre que pour trouver des solutions efficaces et durables à cette crise multiforme  il faut avoir le courage de mettre autour de la même table, tous les fils du Gabon. La situation est grave et les solutions ne peuvent plus être trouvées par le seul gouvernement.

 

En politique, le seul courage qu’il faut avoir est celui de se battre pour le mieux-être de ses compatriotes : telle est la mission du gouvernement. Il n’y a pas de gêne à reconsidérer certaines décisions peu efficaces.

 

Les dernières décisions prises dans le sens de l’allégement des mesures actuelles par le Premier Ministre, semblent  montrer que le message adressé par le peuple à travers le mouvement «  des casseroles » a été entendu mais il faut encore aller plus loin  .En effet, il n’y a  pas de défi à lancer à sa population, le seul défi qui vaille est celui de vaincre ensemble la pandémie et les impacts négatifs issus des mesures restrictives  tout en conservant intact notre vivre ensemble.

 

Aussi, pour apaiser et se donner les moyens des solutions durables  à cette crise, je demande au Président de la République  et au Premier Ministre   , Chef du Gouvernement, de prendre les mesures urgentes ci-après :

 

  1. Ramener le couvre-feu de 23h à 5 heures du matin;
  2. Réaménager  la composition du Copil en y association les autres forces vives de la nation; la société civile, les confessions religieuses, des compatriotes ayant de l’expertise dans des domaines aussi variés etc…
  3. Réaménager le Comité scientifique en y intégrant les experts des secteurs d’activités impliquées  dans la lutte contre le Covid-19 autre que la Santé ;
  4. Mettre en place un Comité  Stratégique Chargé du Suivi et de l’Evaluation du Plan de Riposte Contre la Covid-19
  5. Mettre en place une Task Force Multisectorielle  dont la mission principale est de définir une stratégie globale de lutte contre la Covid-19  réaliste qui tienne compte de nos réalités  ( économiques , sociales , culturelles …) et de nos ressources réelles ( humaines , financières , expertises , expériences …).
  6. Accélérer l’évaluation de la mise en œuvre  des mesures présidentielles du 2 avril 2020.

 

 

Madame le Premier Ministre,

Les compatriotes attendent de vous, la résolution des problèmes qui se posent à eux. Aucun gabonais ne veut mourir du COVID19. Ils sont disponibles et mobilisés pour agir et faire échec à la pandémie. Il faut les écouter, il faut les associer, il faut les impliquer et non les marginaliser.

La lutte contre la pandémie ne doit pas être une lutte entre gabonais. Nous ne pouvons pas lutter pour préserver des vies et être des complices passifs par notre inaction ou notre silence. Un compatriote qui tombe sous les coups de la violence et de la brutalité, est un mort de trop (Fin de citation).


 

A propos de Minlama Mintogo

 

Dieudonné Minlama Mintogo  est un homme politique  originaire de  Bitam dans le Nord du Gabon. Ancien candidat à l'élection présidentielle d'août 2016 , il lança quelques  mois  plus tôt,   un « rassemblement citoyen » dénommé la « Convention nationale de l'interposition ».  Agro-développeur, Minlama Mintogo, travaille comme expert consultant auprès de plusieurs entreprises et institutions nationales et internationales notamment au sein d'Olam (une entreprise singapourienne) avec le projet « Gabon des réalisations agricoles et des initiatives des nationaux engagés » (GRAINE), et le RAPAC (Réseau des aires protégées d'Afrique centrale). Il est le président de l'« Observatoire national de la démocratie », dont la mission est de contribuer au renforcement des droits démocratiques, de promouvoir et appuyer les droits de la personne au Gabon, tels que définis dans la charte internationale des droits de l'homme. Membre fondateur du mouvement « Ça suffit comme ça », il coordonne une plateforme d’acteurs non étatiques composée d’une soixantaine d’associations, d’ONG et d'organismes confessionnels, le « Collectif des organisations de la société civile pour le développement et la lutte contre la pauvreté ». Le 20 mai 2017, il décide de créer son propre parti politique, « Ensemble pour la République », une formation  au sein de laquelle  il convie les Gabonais à conduire le débat politique, économique, social, culturel et sportif, entre autres. (Avec les notes de Wikipedia).

 

 

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