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"Les études scientifiques ont démontré que les substituts nicotiniques sont efficaces pour aider les fumeurs à arrêter le tabac", selon le professeur David Khayat

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Par Antoine NKOLO LAWSON, Dubaï

Pr David Khayat © Photo: Antoine NKOLO LAWSON

LIBREVILLE, 26 octobre (Infosplusgabon) - Lors de la clôture de la conférence Technovation organisée à Dubai, le 8 octobre dernier et consacrée, entre autres, à la sensibilisation auprès des fumeurs de cigarettes,  l'éminent professeur David Khayat, enseignant à l'Université Pierre et Marie Curie, à Paris, nous a livré son point de vue sur les effets du tabac sur l'organisme et les diverses solutions pour remplacer la cigarette traditionnelle. Il évoque les avancées dans le domaine de l'Oncologie*  ou cancérologie. (Interview).

 

 

Quelles sont les alternatives les mieux adaptées pour limiter les causes de cancers liées à la consommation de la cigarette ?

Pour arrêter les mensonges et les mythes, il est important de savoir que  30% des cancers dans le monde proviennent de la consommation de la  cigarette classique. En 1990, la première cause  de cancer dans le monde, c'était le tabac. Et en 2021 c'était toujours la  tabac qui était la première  cause de cancers. Cela veut dire que tout ce qui a  été fait dans ce domaine de la prévention pendant 30 ans, n'a  pas fonctionné.

Les campagnes de sensibilisation sur le  fait que la cigarette peut tuer,  n'ont pas été suivies d'effets....

Que ce soient les campagnes de sensibilisation sur les emballages de cigarettes ou encore l'augmentation du prix de la cigarette, aucun changement n'a été observé. Il faut donc essayer de raisonner davantage et se poser la question de savoir pourquoi les gens fument. Il fument, pas parce qu'il veulent mourir. Ils fument parce qu'il ont besoin de la nicotine. Or, il s'avère que la nicotine ne provoque absolument pas de cancer.  Et cela est démontré par toutes les agences en matière de santé  dont l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le National Institute of Health (NIH) qui se consacrent à la recherche médicale et biomédicale. Cela fait 40 ans à travers le monde que les médecins  prescrivent de la nicotine à travers les patchs, les pastilles, etc. pour arreter de fumer. Ils n'ont jamais prescrit des médicaments qui étaient cancérigènes...

La nicotine est-elle accessible en dehors du tabac ?

Oui. Et sachez que les gens cherchent de la nicotine à travers des produits qui la délivrent, sans les substances nocives du tabac issues de la combustion. Les études scientifiques ont montré que les substituts nicotiniques sont efficaces pour aider les fumeurs à arrêter le tabac.

Les alternatives sont-elles nombreuses ?

Absolument. Il  y a donc toute une série d'alternatives. D'abord la cigarette  électronique, sans tabac, et qui contient uniquement que de la nicotine. Le risque de cancer est donc très, très faible. Ensuite, vous avez  le tabac chauffé; et ce que l'on sait c'est que les substances cancérigènes qui se manifestent dans la fumée du tabac  apparaissent lorsqu'on brule les feuilles de le tabac à une température de 400 degrés. Mais lorsque vous êtes juste en train de chauffer les feuilles de tabac entre  300 et 350°,  là, vous avez juste de la vapeur d'eau qui sort et  qui contient de la nicotine. Vous avez moins de 2% de produits cancérigènes qui apparaissent dans la combustion. Ensuite, vous avez également des produits à risques  réduits ou à risques très  réduits qui permettent aux consommateurs d'arrêter plus facilement de fumer.

Les campagnes de sensibilisation pour limiter la consommation de la cigarette classique passent parfois sans réel impact auprès  de bon nombre de fumeurs minés par une addiction.

Les substances qui peuvent remplacer la nicotine augmentent les chances des fumeurs de se passer du tabac avec des taux de réussite variant de 50 % à 70 %. Ces substituts nicotiniques sont des médicaments à base de nicotine utilisés pour soulager les symptômes liés au manque quand on arrête de fumer.

Y a-t-il eu un inventaire exhaustif sur les différents types de cancer et quels sont les plus dangereux, selon vous ?

L'épidémiologie des cancers à travers  le monde est parfaitement connue et tenue à jour par différentes institutions dont l'OMS. En Afrique, vous avez des cancers qui sont plus fréquents chez la femme: le cancer du col de l'utérus qui est dû à  la contamination par  un virus appelé  le   papillomavirus humain (VPH). Il s'agit d'un groupe de virus qui se transmettent le plus souvent par contact sexuel, et une infection persistante par des souches de VPH dites « oncogènes » est la cause principale de ce cancer, qui est le plus souvent prévenu par la vaccination et le dépistage. Les plus  fréquents sont le cancer du sein chez la femme et chez l'homme, vous avez le cancer de la prostate, le  cancer du poumon. Il y a  également le cancer du colon. Ensuite, vous avez une série de cancers beaucoup plus rares. Ceci est une épidémiologie avec une vision occidentale. Si on observe les faits en Afrique, vous avez une  fréquence élevée de cancers du foie et des cancers de l'estomac et ceux-ci résultent de maladies infectueuses causées par une  bactérie dénommée Helicobacter pylori qui infecte la muqueuse gastrique.  Ces cancers sont plus importants dans les pays africains qu'en Europe.

Le  régime alimentaire a-t-il un lien avec les différents  types de cancers dont celui lié à la cigarette ?

Oui, bien sûr. A ce jour, nous sommes confrontés à travers l'Europe et aux Etats-Unis au rajeunissement très  important du cancer du colon. Le  dépistage que j'ai mis en place en France débute à partir de 49 ans. Alors qu'aux Etats-unis, ils envisagent de commencer à 35 ans. Non seulement il y a de plus en plus de  cancers du colon, et cela concerne les jeunes, nous  pensons que cela est dû au fait qu'il commencent à consommer des aliments non appropriés très tôt, en  dehors des repas familiaux.

*L'oncologie, aussi appelée carcinologie ou cancérologie, est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Un médecin qui pratique cette discipline est appelé oncologue, cancérologue ou encore carcinologue.

 

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