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Jeunes ambassadeurs de l’eau

Cameroun-Société-Eau

Jeunes ambassadeurs de l’eau

 

 

Date de parution : samedi 12 avril 2008.

 

DOUALA, 12 avril (Infosplusgabon) - Comment rendre une eau potable ? Quels sont les risques pour la santé à consommer une eau de qualité douteuse ? Une centaine de jeunes des clubs environnement d’établissements scolaires de Yaoundé et une trentaine de jeunes ambassadeurs de l’eau formés par une association en ont dernièrement débattu. Intarissables sur le sujet !

"Mon oncle recommande de bouillir ou de filtrer l’eau du robinet avant toute consommation", explique, devant une assistance attentive, Loïc Bethel Dje, 13 ans, élève en quatrième au lycée bilingue d’application de Yaoundé. L’adolescent, neveu d’un ingénieur spécialiste de l’eau, précise que son tonton met également en garde contre les risques de manipuler et d’utiliser des récipients souillés.

Juste avant la Journée mondiale de l’eau du 22 mars, l’ambiance était studieuse à la Paroisse de la Cité verte de Yaoundé, parée pour la circonstance de nombreuses affiches. Une centaine de jeunes des clubs environnement des établissements scolaires de la capitale camerounaise ont échangé, deux jours durant, sur le thème "Gestion de l’eau par les jeunes, enjeux et perspectives".

La manifestation était organisée par Jeunesse pour l’environnement (JPE), une association qui multiplie les initiatives dans le cadre du projet "Eau source de jeunesse", soutenu par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) et le ministère français des Affaires étrangères.

Rendre une eau potable

Au cours des débats, des jeunes, plein de conviction, prennent la parole. Aux interventions des membres des clubs succèdent celles de trente-cinq "ambassadeurs de l’eau" formés par JPE. Habitués à prêcher la bonne parole dans leurs familles, leurs quartiers et leurs collèges sur une utilisation rationnelle de l’eau, ces derniers s’interrogent eux aussi sur la façon la plus sûre de la rendre potable.

Les jeunes des clubs environnement reprennent alors la parole. Président du club du lycée Leclerc de Yaoundé, Stève Happi Emeri recommande de traiter l’eau par la méthode Sodis (désinfection de l’eau par irradiation solaire). "On la recueille dans un récipient. On la laisse reposer quelque temps pour que les débris se déposent au fond. L’eau décantée est ensuite mise dans des bouteilles propres qu’on expose au soleil. Six heures plus tard, elle est potable", explique-t-il.

D’après Stève, cette méthode, recommandée par l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) pour l’eau à usage domestique, serait fiable à 100 % car les microbes ne résistent pas à une exposition prolongée aux rayons ultraviolets et à une température élevée. "D’où vient cette méthode ?", interroge une représentante d’Ened, un institut italien de recherche sur l’eau. "Elle a été découverte et expérimentée en Suisse, puis en Afrique et en Amérique latine. Elle est bien moins coûteuse que le traitement de l’eau par ébullition qui nécessite du feu et des ustensiles de cuisine", lui répond Stève.

L’exposé fait naître d’autres questions dans l’assistance. Certains objectent à juste titre que cette méthode s’avère peu efficace en saison des pluies, quand l’ensoleillement est faible.

Parmi les ambassadeurs de l’eau, Essimi, un collégien, évoque d’autres limites : "J’ai présenté cette méthode à ma famille. Un de mes oncles dit qu’elle comporte des risques d’empoisonnement par les sorciers". Vives réactions dans la salle. Au bout du compte, des salves d’applaudissements et des mouvements de tête approbateurs saluent Stève et la méthode qu’il a décrite.

Des gestes simples

Les différentes réactions témoignent du besoin d’informer, encore et toujours. Les chiffres le confirment. Selon l’OMS, près d’un Africain sur deux souffre d’une des six principales maladies d’origine hydrique (choléra, typhoïde, hépatite A, poliomyélite, diarrhées, dysenterie). "Dans les hôpitaux, on ne vous dit pas quand vous souffrez de diarrhée ou de paludisme que vous avez une maladie liée à la consommation d’eau impropre. Ces maladies sont nombreuses et tuent sournoisement", rappelle Christian Komze, président de Jeunesse pour l’environnement.

Son association forme des jeunes et distribue des dépliants (Top 10 des meilleures pratiques à encourager ; Hit parade des comportements à éviter) qui invitent à faire quelques gestes simples : ne pas jeter de peinture, de détergents ou de déchets organiques dans les cours d’eau, faire réparer rapidement les tuyaux qui fuient, etc. Des efforts importants sont encore à faire par tous.

Aux jeunes, sans doute, de montrer une fois de plus l’exemple. En novembre 2007, JPE a réalisé une enquête auprès de 5 000 d’entre eux à Yaoundé. Si les trois quarts des adolescents interrogés considèrent la disponibilité en eau comme le problème environnemental le plus important, 69 % ignorent leur consommation quotidienne.

Partager l’eau pour désamorcer les conflits

Parce qu’elle est indispensable à la fois aux humains, aux plantes et aux animaux, l’eau peut être source de conflits. "Prenons l’exemple d’un cours d’eau qui a de nombreux utilisateurs. L’éleveur puise de l’eau pour son troupeau, le pêcheur s’intéresse aux poissons et l’agriculteur s’en sert pour arroser ses plantes.

L’exploitation de ce cours d’eau peut devenir une source de conflit quand des pêcheurs, par exemple, accusent un industriel qui y déverse ses déchets de faire fuir les poissons", explique Jérôme Djimpe, chargé du programme eau et assainissement, au sein de l’association camerounaise Jeunesse pour l’environnement. Pour lui, ce genre de conflit peut être évité grâce à une gestion rationnelle de l’eau, chacun l’utilisant sans nuire à l’autre tout en préservant la ressource pour les générations futures.

Global Water Partnership Cameroon a débuté dans ce pays une médiation entre les industriels, les ministères concernés et structures en charge de la gestion de l’eau. Pour sensibiliser plus largement les usagers, cette plate-forme, spécialiste de la gestion intégrée des ressources en eau (GIRE), préconise de passer par les jeunes et les femmes, qui constituent, selon lui, d’excellents relais.

FIN/IPG/PML/2008

© Copyright Infosplusgabon

Article réalisé avec le soutien du projet Promotion de la culture scientifique et technique (PCST)

http://www.latitudesciences.ird.fr/pcst

* Journaliste à JADE CAMEROUN Agence de presse Multimédia Membre de Syfia International BP : 3053 Douala - Tel : (237) 343 11 60 Site web : www.jadecameroun.com

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