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Un responsable nigérien préconise un dialogue direct avec les terroristes

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Diamniadio, Sénégal, 14  novembre  (Infosplusgabon) - Le président du Conseil régional d’Agadez, au Niger, Mohamed Anacao, préconise un dialogue direct avec les terroristes qui sévissent en Afrique, estimant que c'est la voie indiquée pour trouver des solutions à ce phénomène.

 

"Ceux que nous appelons terroristes sont nos enfants qui se sont révoltés contre leur situation. Nous devons leur parler directement pour savoir ce qui ne va pas. Nous devons dialoguer directement avec eux pour trouver des solutions communes", a-t-il confié mardi à la PANA, en marge du 4ème Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique qui se tient à Diamniadio, à une quarantaine de kilomètres de Dakar, la capitale sénégalaise.

 

Selon lui, le terrorisme est causé par la marginalisation des zones où il a pris racine, donnant l’exemple de Bokko Haram, qui recrute dans les populations à cheval sur les pays frontaliers du bassin du Lac Tchad, à savoir le Nigeria, le Niger et le Cameroun.

 

"Ces populations ne savent pas à quel pays elles appartiennent parce qu’elles sont marginalisées par leurs Etats et sont oubliées dans les programmes de développement. C’est la même chose au Nord du Mali et de part et d’autre de la frontière entre le Burkina Faso et le Niger", a ajouté M. Anacao.

 

Membre de la délégation nigérienne venue prendre par au 4ème Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique, il estime que la lutte contre le terrorisme passe d’abord par le développement des zones périphériques jusque-là négligées par les gouvernements africains.

 

"Les régions frontalières sont des portes d’entrée des terroristes. Si elles sont développées et que les communautés qui y vivent ne se sentent plus marginalisées, oubliées par leurs gouvernements, cela empêchera le développement du terrorisme", a-t-il soutenu.

 

"Si nos Etats veulent vaincre le terrorisme, ils doivent aussi impliquer les populations civiles dans la recherche de solutions, car elles savent le plus souvent ce qui a poussé les jeunes à se radicaliser", a ajouté M. Anacao.

 

Intervenant auparavant au cours d’un panel sur le terrorisme et l’extrémisme violent, il a affirmé que les pays africains ont échoué dans leurs tentatives d’éradiquer la violence à cause de leur approche du phénomène.

 

"Nous avons échoué dans la lutte contre le terrorisme parce que nous ne nous sommes pas attaqués aux vraies racines du mal. Nous devons changer de méthode en nous parlant. Nous devons d’abord nous traiter nous-mêmes sans attendre l’aide des partenaires", a-t-il estimé.

 

M. Anacao a également mis en cause la configuration des armées africaines, leur manque d’autonomie et de moyens.

 

"Nos armées sont très fragiles et ne sont pas souveraines parce que dépendantes de l’extérieur. Une armée qui n’est pas souveraine ne peut pas lutter efficacement contre le terrorisme", a dit M. Anacao.

 

"Dans la plupart de nos pays, les armées nationales reposent sur des bases ethniques et ne sont pas des armées républicaines. Pour que nos armées soient républicaines, il faudrait que toutes les ethnies s’y retrouvent, se sentent concernées et impliquées dans la défense de la sécurité nationale", a ajouté le président du Conseil régional d’Agadez.

 

Le Forum de Dakar, qui prend fin ce mardi après deux jours de travaux, est organisé par le ministère des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’extérieur avec l’appui du ministère français de la Défense et de nombreux autres partenaires.

 

Placée cette année sous le thème "Défis sécuritaires en Afrique : pour des solutions intégrées", il regroupe "plus de 400 participants" dont des acteurs régionaux et internationaux, des autorités politiques et militaires, des experts, des universitaires, des diplomates, des représentants d’organisations internationales et de la société civile.

 

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/OLM/ GABON 2017

 

 

 

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