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L'insécurité favorise la prolifération des faux médicaments en Libye

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Tripoli Libye, 13  septembre (Infosplusgabon) - Des responsables du Centre de surveillance des médicaments en Libye estiment qu'entre 50 à 60 pour cent des médicaments vendus dans les pharmacies privées en Libye proviennent du trafic illicite à travers des passages frontaliers terrestres, maritimes ou aériens.

 

 

 

Selon les observateurs, la législation qui existe dans le pays en la matière depuis des décennies est sans effet, en raison de l'anarchie qui sévit en Libye.

 

Chercheur, Suleyman Mazoughi indique, à cet égard, que la "loi 69 de 1972 interdit, en son article 1, aux sociétés privées d'importer, de stocker et de commercialiser des médicaments au profit des pharmacies ou d'autres partenaires".

 

Le droit d'importer des médicaments relève exclusivement du ministère de la Santé, représenté par la Société nationale des médicaments, alors que l'article 13 prévoit l'emprisonnement au moins de six mois et une amende de 500 dinars à l'encontre des contrevenants.

 

Cette sanction n'est plus dissuasive et est actuellement inefficace et doit être révisée, estime-t-il.

 

Selon le directeur du Centre de surveillance des médicaments,  Mohamed Kelal, la cause principale de l'importation des médicaments de l'étranger est liée à l'inexistence d'unités de fabrication des médicaments dans le pays, qui se limitent à fabriquer des médicaments légers comme la bétadine.

 

Ainsi, la Libye dépend quasi-totalement de l'importation des médicaments de l'extérieur, notamment d'Égypte, de Tunisie et de la Jordanie.

 

"Toutes les structures autorisées à importer sont régulièrement inscrites au niveau de l'administration chargée de gérer les pharmacies au ministère de la Santé ", explique M. Kelal.

 

Une équipe du ministère est chargée du contrôle de la conformité du travail de ces structures aux critères internationaux de fabrication des médicaments, avant de produire un rapport qui donne un avis favorable ou défavorable.

 

Une structure qui obtient un avis favorable est régulièrement inscrite au ministère et doit renouveler son autorisation tous les cinq ans.

 

Les médicaments importés doivent passer par des passages frontaliers réguliers que sont les aéroports et les ports de Tripoli, de Benghazi et de Misratah.

 

En revanche, les médicaments qui passent par les passages de Ras Jadir, entre la Libye et la Tunisie, ou de Slom, entre la Libye et  l'Égypte, doivent être acheminés et stockés au port le plus proche, Tripoli et Benghazi, avant le prélèvement des échantillons pour des analyses effectuées par le Centre de surveillance des médicaments, qui délivre ensuite un certificat de conformité pour les médicaments qualifiés ou d'interdiction pour ceux qui ne remplissent pas les critères exigés", explique M. Kelal.

 

Il estime que le trafic des médicaments en Libye est favorisé par plusieurs facteurs dont le manque de rigueur dans le contrôle administratif, la publicité qui met l'accent sur certains produits de beauté ou de stimulants sexuels qui sont généralement dangereux pour la santé.

 

Dr. Akram Lafi, pharmacien dans la ville de Zaouia, situe le début du trafic des médicaments en Libye en 1992, lorsque les Libyens ont commencé à se faire soigner à l'extérieur, notamment en Tunisie et en Egypte à la suite du blocus imposé au pays au lendemain de l'affaire Lockerbie, entraînant le retard dans le développement du secteur de la santé et d'autres secteurs.

 

"Ainsi, les médicaments généralement prescrits aux malades n'étaient plus disponible en raison du blocus, obligeant les malades à recourir aux médicaments passés par les passages frontaliers, sans contrôle, mais bénéficiant de l'autorisation des douaniers, même s'ils sont considérés comme produits frauduleux" indique le docteur Akram, soulignant la tolérance dont l'État a fait preuve face à ce trafic.

 

Des articles de la loi ont été révisés par les services du Premier ministre de l'ancien régime, en autorisant, conformément au décret 167 de 2006, des sociétés privées à importer des médicaments, à l'exception de certains jugés sensibles, comme les vaccins, les médicaments utilisés pour le soin des malades mentaux, les dérivés du sang, les médicaments destinés aux malades du SIDA etc.

 

Selon le docteur Akram, le volume des médicaments trafiqués qui circulent en Libye dépasse 50 pc des besoins du pays.

 

Pour lui, il n'existe pas en Libye une seule pharmacie qui ne commercialise pas des médicaments sans autorisation à cause de l'absence sur le marché de quantités suffisantes de produits régulièrement importés par des sociétés inscrites légalement au ministère de la Santé.

 

Abondant dans le même sens que le docteur Kelal, le docteur Akram indique que le trafic des médicaments était négligeable dans les années 2012 et 2013.

 

A cette époque, le dollar équivalait à 1,14 dinar libyen et les pharmacies abondement remplies de médicaments régulièrement contrôlés.

 

Concernant le déficit lié aux médicaments régulièrement importés, le docteur Akram souligne l'incapacité des sociétés régulièrement autorisées à satisfaire le marché local, ce qui a entraîné le recours aux médicaments irréguliers, importés par des réseaux non officiels qui se procurent le dollar au marché noir pour pallier le déficit.

 

De son côté, le docteur Mohamed Ramah Chérif, collaborateur du Centre de surveillance des médicaments dans la ville de Zaouia,  estime que "de nombreux marchands trafiquent des médicaments pour plusieurs raisons comme l'appât du gain facile, le manque de médicaments dans les officines régulières, l'absence de mesures dissuasives, la corruption qui sévit dans l'administration et l'insécurité qui prévaut dans le pays depuis l'insurrection de 2011".

 

La loi 106 de l'année 1973 prévoit des sanctions d'emprisonnement au plus de trois mois et d'une amende de 100 dinars ou l'une des deux sanctions à l'encontre de ceux qui importent des médicaments sans autorisation préalable du ministère de la Santé.

 

La loi exige que les médicaments importés régulièrement soient commercialisés dans le pays d'origine, rappelle M. Chérif qui estime que cette loi n'est pas dissuasive.

 

"Avant 2011, le débarquement des médicaments était centralisé à Tripoli avant sa décentralisation dans plusieurs autres structures à Benghazi et Misratah",  déplore le docteur Chérif.

 

Des structures sanitaires et des hôpitaux sont souvent contraints de se ravitailler en médicaments provenant du trafic illicite, à cause de l'incapacité des structures chargées de cette mission de donner satisfaction aux besoins des structures, note-t-il.

 

Selon lui, les médicaments trafiqués ne proviennent pas seulement de la Tunisie et de l'Égypte, mais aussi de la Jordanie,  des États-unis, de l'Inde et de plusieurs pays européens.

 

Ils arrivent en Libye sous forme de colis postaux dont la contenance est ignorée par la douane.

 

Le problème des médicaments trafiqués est lié au fait qu'ils sont mal conservés et mal emballés, ce qui leur fait perdre de leur efficacité, explique le docteur Chérif.

 

Il souligne, également, à cet égard, la gratuité des médicaments dans les hôpitaux, ce qui fait que les pharmacies sont souvent sans médicaments et cette situation est essentiellement due à l'anarchie qui sévit dans le pays depuis l'insurrection de 2011 à l'origine de la chute du régime du colonel Moammar Kadhafi, mais aussi de l'état de guerre, qui prévaut en Libye ces dernières années et du manque de compétence technique dans le traitement sanitaire dans les structures du pays.

 

Pour le docteur Kelal, le trafic des médicaments n'est pas exclusivement un fléau des pays du tiers monde, comme la Libye, mais touche aussi d'autres pays plus développés comme les Etats-Unis.

 

Selon lui, "le médicament trafiqué n'est pas forcément moins cher ou moins efficace que celui régulièrement admis dans le pays".

 

Mais, le prix du médicament dépend de sa quantité ou du taux d'échange du dollar au marché noir ou dans les banques, ce qui fait que les prix varient selon les pharmacies et il peut arriver que le médicament trafiqué soit plus cher que celui contrôlé, indique-t-il, ajoutant qu'il n'existe pas aujourd'hui en Libye une structure chargée de contrôler les prix des médicaments qu'ils soient officiels ou trafiqués.

 

Il critique,  à cet égard, l'État dont les démembrements, selon lui, sont corrompus.

 

"Les insulines sont actuellement introuvables aussi bien dans les pharmacies régulières que dans les centres officiels malgré leur importation en quantités suffisantes, mais revendues dans le marché noir au double de leur prix normal au détriment des citoyens, obligés de les acheter à tout prix", déplore le docteur Kelal.

 

Les structures étatiques en Libye fonctionnent mal depuis l'insurrection populaire de 2011 et la chute du colonel Moammar Kadhafi ", rappelle-t-on.

 

La Libye est plongée dans un chaos sécuritaire à cause de la prolifération des armes qui ont ravivé la lutte pour le pouvoir et l'argent dans ce pays riche en pétrole et en gaz d'Afrique du Nord et doté de 2000 km de côtes sur la Méditerranée et 500 km de frontière au Sahara occidental.

 

La situation s'est aggravée depuis l'attaque perpétrée par le maréchal Khalifa Haftar contre Tripoli, entraînant une guerre meurtrière avec les forces du Gouvernement d'union nationale reconnu par la Communauté internationale et dirigé par Fayez al-Sarraj.

 

Cette guerre a fait jusqu'à présent 1.200 morts, 6.000 blessés et 120.000 déplacés, tout en offrant un climat favorable aux bandes armées et milices terroristes.

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/MPU/GABON2019

 

 

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