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Le football en Libye entre insécurité et passion pour un sport très populaire

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Tripoli, Libye, 7  septembre (Infosplusgabon) - L'insécurité grandissante en Libye risque de porter atteinte au football, sport de loin le plus populaire dans le pays, mais qui a connu un net recul notamment au niveau des résultats au cours de ces dernières années, en raison de l'instabilité et du chaos sécuritaire que connaît le pays après la révolution du 17 février 2011 qui a renversé le régime de Mouammar Kadhafi.

 

Preuve des effets croissants de l'insécurité sur la pratique du ballon rond dans le pays, pour la première fois, cette année, le championnat de première division a été interrompu prématurément à cause des affrontements armés dans la périphérie de Tripoli depuis le 4 avril dernier et ayant perturbé le déroulement du calendrier des matches.

 

La Fédération libyenne de Football (FLF) avait précédemment décidé de reporter indéfiniment toutes les compétitions qu'elle supervise avant de fixer la date de la reprise du championnat de première division, baptisé "Super Coupe", à la mi-juin.

 

Mais la persistance des problèmes de sécurité dans la capitale, Tripoli, ont empêché pour le moment la reprise du championnat, ce qui a incité le conseil de direction de la FLF, à associer les clubs à la décision de la reprise ou non des matches.

 

Deux points de vue dominent actuellement dans le milieu footballistique libyen concernant l'issue de cette interruption du championnat, soit une reprise avant fin août ou le démarrage dans les plus brefs délais de la nouvelle saison sportive 2019/2020.

 

Ces deux alternatives ne représentent pas une solution radicale selon les observateurs qui avancent qu'elles n'éliminent pas la cause de cette interruption du tournoi à savoir, les combats armés à Tripoli.

 

Le football a toujours nourri les plus belles passions en Libye, faisant de ce sport une tradition de la vie quotidienne.

 

Les mini-terrains de football foisonnent dans les quartiers de Tripoli et autres villes du pays, abritant à longueur d'année des tournois populaires qui connaissent leur apogée durant le mois de Ramadan, mois de jeûne des musulmans, en attirant un énorme public.

 

Les jeunes Libyens suivent toute l'actualité du football dans le monde et sont partagés entre l'admiration des grands clubs de football dans le monde, que ce soit ceux du pays de proximité, l'Italie, comme la Juventus ou le Milan AC, ou les clubs espagnols, le Real Madrid et Barcelone, dont les matches au sommet déchaînent un véritable engouement à l'égard des stars mondiales tels Lionel Messi, Cristiano Ronaldo ou Neymar.

 

Cette flamme à l'égard du football en Libye ne s'est jamais éteinte même au pire moment des années sombres du chaos sécuritaire dans le sillage de la révolution du 17 février ayant entraîné l'effondrement des institutions de l'Etat et avec lui les organes de sécurité.

 

Cet attachement au ballon rond a été exprimé par l'international libyen, Mohamed al-Manir, qui a affirmé, pour expliquer cette passion des Libyens pour le football : "je peux vous certifier maintenant que la seule chose qui fait sourire les Libyens pendant la guerre et les combats, c'est le football. Le football est la seule chose qui fait respirer et se sentir heureux en Libye".

 

C'est cette passion pour le football qui a permis aux clubs libyens de survivre au chaos sécuritaire en gardant leurs effectifs et activités sportives et aux autorités de tutelle de ce sport collectif de maintenir les compétitions.

 

Mais la délocalisation par la FIFA des matches de football des formations libyennes participant aux compétitions internationales vers les pays étrangers en raison de l'insécurité après 2011 a pénalisé les équipes libyennes qui se voient privées du public et de l'avantage d'évoluer à domicile.

 

Les matches internationaux de la Libye sont joués soit en Tunisie, soit en Egypte, deux pays voisins ayant des frontières terrestres communes.

Une situation qui a influé sur le rendement des clubs et leurs résultats.

 

Les supporters des clubs de football libyens ont été choqués par le faible niveau présenté par les quatre équipes représentant le pays aux compétitions continentales à savoir, Al-Nasr, Al-Ahly Benghazi, Al-Ahli Tripoli et Al-Ittihad, qui ont participé aux compétitions de la Ligue africaine des clubs champions et de la Coupe de la Confédération africaine de football (CAF).

 

Le chroniqueur sportif libyen, Mohamed Aweidat, a affirmé que "la rue sportive libyenne est dominée par la frustration, blâmant les joueurs et les directions de clubs qui dépensent beaucoup d’argent sans réaliser le moindre résultat".

 

Selon lui, "les salaires des joueurs dépassent de loin ceux des joueurs évoluant dans les championnats des pays voisins".

 

Il a suggéré que "ces fonds dépensés comme salaires et primes sans résultats soient utilisés dans le développement des groupes minimes et juniors et l'amélioration des infrastructures de base, ainsi que la formation d'une base solide pour le football libyen afin de réaliser des succès et réussites dans les compétitions".

 

Il convient de noter que le football libyen connaît un état de chaos et une mauvaise organisation ainsi que de nombreux problèmes motivés par les conflits entre clubs et des problèmes entre les clubs et la Fédération de football, ainsi que l'interdiction internationale aux stades libyens d'abriter des compétitions internationales en raison de la situation sécuritaire, qui oblige les équipes libyennes à disputer des matches dans les pays voisins.

 

Mehdi Taher al-Chafi, un retraité d'une institution publique à Tripoli et passionné de football, a affirmé à la PANA que "le sport libyen en général et le football en particulier sont confrontés ces derniers temps, à des conditions difficiles et de grands défis pour la poursuite des compétitions locales, au niveau de tous les sports, individuels ou collectifs, en liaison avec la situation de sécurité actuelle dans la capitale, Tripoli".

 

Il  a également fait part de la déception "de la rue sportive en Libye qui attendait avec impatience la formation d'une commission indépendante pour les équipes libyennes après une série d'échecs constatés dans le pays, dont le dernier en date, le ratage de l'occasion pour l'équipe A de se qualifier pour la Coupe d'Afrique des nations 2019 (CAN) en Egypte, en plus de la sortie prématurée de l'équipe olympique des éliminatoires africaines qualificatives pour les Jeux olympiques de Tokyo 2020".

 

Pour sa part, le joueur libyen Mouayed Al-Lafi a présenté ses excuses aux supporters libyens pour avoir perdu l'occasion de se qualifier pour la Coupe d'Afrique des nations en Egypte, assurant : "je renouvelle mes excuses et il est du droit de tous les Libyens de critiquer et d'exprimer leur colère face à cet échec. Je dois, toutefois, souligner que la défaite récente face à l'Afrique du sud est provoquée par un certain nombre de facteurs, dont le plus important était le manque de cohérence entre les joueurs professionnels dont la plupart ont rejoint le regroupement de l’équipe nationale quelques jours avant le match. Malgré la composition actuelle, l'équipe nationale comprenant neuf professionnels et la qualité des joueurs locaux, ce qui est excellent par rapport aux générations précédentes, ce qui manque dans ce groupe, c’est l’harmonie".

 

Il a déploré "l'absence de matches amicaux avec des équipes solides au cours des deux dernières années, alors que la majorité des matches amicaux lors des stages sont disputés avec des équipes tunisiennes, en plus des circonstances difficiles vécues par le pays et le football libyen en particulier, qui nous ont poussés à jouer nos matchs à l'extérieur, ce qui a un impact négatif sur les joueurs".

 

L'international libyen a estimé que "si le dernier match face à l'Afrique du Sud, par exemple, était joué sur le terrain du stade international de Tripoli, l'équation serait différente", précisant que "le public sportif libyen doit savoir que les victoires des équipes arabes et leurs qualifications pour les championnats continentaux et du monde ne sont pas grâce à l'œuvre des onze joueurs à l'intérieur du stade, mais sont le résultat du travail et de la planification par les superviseurs de ces équipes".

 

Cette situation a été reflétée par le classement de l'équipe libyenne qui a terminé 2018 avec une note qui n'a pas satisfait les fans du football libyen, en se plaçant à la 104ème place du classement de la FIFA pour le mois de décembre dernier.

 

Les Chevaliers de la Méditerranée, nom donné à l'équipe nationale, n’ont pas fourni les résultats escomptés par la rue libyenne en 2018, après avoir disputé 10 matches, dont 4 en qualifications africaines; un seul match a été remporté contre les Seychelles par 8 buts à 1, une défaite contre le Nigéria et un nul face à l’Afrique du Sud.

 

La Libye dispose du potentiel humain et matériel pour développer le football et le hisser au sommet des niveaux continental et mondial. Il faut seulement les conditions de sécurité car la révolution du 17 février 2011 a libéré les talents permettant à l'équipe libyenne des joueurs locaux de remporter en 2014 le Championnat d'Afrique des nations (CHAN) réservé aux joueurs locaux, devant le Ghana au Cap, en Afrique du Sud.

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/POU/GABON2019

 

 

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