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Tripoli, Libye, 10 mai (Infosplusgabon) - Troisime tape de son priple europen qui l'a men en Italie et en Allemagne, la France constitue une station cruciale pour le prsident du Conseil prsidentiel en Libye, Fayez al-Sarraj dans sa qute de soutiens pour mettre fin l'offensive meurtrire, plus de quatre semaine aprs son dclanchement par le chef de l'Arme, le marchal Khalifa Hafter, contre Tripoli, alors que les relations entre Paris et Tripoli ont connu une impasse en raison des accusations de soutien franais en faveur du camp adverse.

Les manifestations hebdomadaires, vendredi, la Place des Martyrs Tripoli et dans d'autres villes libyennes l'instar de Misrata (220 km Est de Tripoli) pour dnoncer l'agression contre la capitale libyenne, ont reflt le sentiment d'hostilit grandissante d'une frange de Libyens dans la rgion de l'Ouest contre la France, pointe du doigt pour avoir cautionn et aid aux niveaux logistique et politique l'offensive de Khalifa Hafter.

Le port de gilets jaunes par les protestataires, rappelle le mouvement contestataire des Franais contre la politique du Prsident Emmanuel Macron, renvoie un message expressif de ce rejet du soutien Hafter par la France dont le drapeau a t incendi par des manifestants en colre.

Se basant sur des informations faisant tat de l'appui de la France avec des quipements et des conseillers militaires Hafter, le ministre de l'Intrieur, Fathi Bachagha, a dcid de suspendre la coopration scuritaire entre son ministre et la France.

Commentant la raction des Libyens dans une dclaration un mdia franais, le prsident du Conseil prsidentiel, Fayez al-Sarraj, a soulign la dception chez une certaine frange de Libyens de voir la France, pays de longue tradition dmocratique, soutenir une offensive militaire ciblant des civils et dont le but est d'instaurer une dictature militaire.

Il a mis en garde l'essor du sentiment anti-franais parmi les Libyens cause de cette attitude de la France dans ce conflit.

En raction, le prsent franais, Emmanuel Macron, a ritr le soutien de la France au gouvernement d'union nationale lgitime, affirmant qu'il a expliqu cette position M. al-Sarraj qui est son interlocuteur direct au sein du Conseil prsidentiel.

Mais l'affaire des diplomates franais arms retenus au poste frontalier commun avec la Tunisie par les autorits tunisiennes a raviv les soupons d'un rle inavou que la France est en train de jouer dans le conflit Tripoli, d'autant plus qu'il est avr qu'il s'agit en fait, de membres de services de renseignements.

Une situation qui a oblig le ministre franais des Affaires trangres, Jean-Yves Le Drian, de monter au crneau, affirmant que la France n'avait aucun intrt en Libye autre que celui de la lutte contre le terrorisme dont les rpercussions peuvent causer des problmes aux pays voisins de la Libye qui sont d'une grande importance pour Paris.

Le chef de la diplomatie franaise a rpondu aussi aux accusations relatives des vises nourries par la France l'gard des richesses ptrolires de la Libye.

En outre, le blocage par la France d'un communiqu de l'Union europenne qui demandait Khalifa Hafter de faire revenir ses troupes leurs anciennes positions, a accentu ce sentiment de parti-pris et de couverture politique que Paris apporte l'homme fort de l'Est de la Libye.

La France s'est dfendue d'avoir bloqu le communiqu europen, prcisant avoir demand l'ajout de trois points savoir, le retrait des combattants fichs par les Nations Unies pour des activits lies au terrorisme, le retour au processus politique et la situation des migrants clandestins.

Cette ambigit dans la position de la France qui joue sur deux registres a corn sa crdibilit et surtout son rle de mdiateur dans le conflit en Libye qu'elle a jusqu'ici jou travers deux rencontres organises Paris regroupant les principaux protagonistes et ayant permis d'laborer une feuille de route reprise dans le Plan de sortie de crise par l'Envoy des Nations Unies, Ghassan Salam.

Ainsi, les relations entre le camp du prsident du Conseil prsidentiel, Fayez al-Sarraj et la France ont t assez embrouilles par cette affaire de soutien, d'o l'opportunit de cette visite de M. Al-Sarraj pour dissiper les nuages sombres et lever toute ambiguit.

M. Al-Sarraj a insist, lors de ses entretiens avec Emmanuel Macron, sur l'exclusion de Hafter et du prsident du Parlement libyen, Aguila Saleh, du dialogue et de toute ngociation, estimant qu'ils ne sont plus des interlocuteurs.

Pour M. al-Sarraj, "les appels un cessez-le-feu devaient s'accompagner d'un retrait de l'arme (de Hafter) et de son retour vers ses positions antrieures", soulignant que "tout mcanisme propos par la communaut internationale en la matire devrait tenir compte de cette exigence".

Le Prsident Macron a affirm qu'il s'oppose aux affrontements actuels Tripoli, appelant s'engager dans l'initiative de l'ONU pour une solution politique globale en Libye et promettant une plus grande implication de la France.

Il a demand "une trve inconditionnelle en Libye, avec une ligne de dmarcation du cessez-le-feu sous surveillance internationale, en rfrence aux affrontements dans les banlieues de Tripoli.

Mais, au regard des rsultats immdiats des entretiens entre MM. al-Sarraj et Macron, s'il apparat que Paris a clarifi davantage sa position en ritrant son soutien indfectible au gouvernement d'union nationale, elle n'a pas russi convaincre certains Libyens qui estiment qu'elle continue mnager Hafter pour lui trouver une sortie honorable.

Pour l'analyste politique, Bouajila Al-Allague, "en demandant un cessez-le feu inconditionnel, Macron veut prserver l'image de Hafter dont les troupes butent sur la rsistance des forces du gouvernement d'union aux portes de Tripoli".

Selon "lui, un retrait des troupes de Hafter signifie une dfaite et une perte d'influence pour lui, ainsi que des risques de voir son avenir politique compromis et remis en cause".

Il a estim que "plus d'un mois d'offensive sans raliser de victoire clatante et clair comme il avait promis, est synonyme d'enlisement car les bases arrires de Hafter se trouvent trs loin des lignes de front, d'o un problme de ravitaillement qui se pose de nature prcipiter sa dconfiture militaire au fil du temps".

Revenant sur la position de la France, Jemal al-Abbar, un activiste de la socit civile en Libye, affirme que "le Prsident Macron n'a pas condamn clairement l'offensive de Hafter, prfrant rester vague et se contentant de raffirmer son soutien sans demander le retrait des troupes assaillantes".

"La position de la France est toujours ambige et la visite de Fayez al-Sarraj n'a pas permis de lever les quivoques, mme si elle a permis un rchauffement des relations entre Macron et al-Sarraj", a-t-il ajout.

La tourne europenne de Fayez al-Sarraj qui l'a men ce jeudi en Grande Bretagne aprs l'Italie, l'Allemagne et la France, aura permis de relancer les efforts de recherche d'un cessez-le-feu selon les analystes, qui prcisent que dans les prochains jours une initiative va merger pour mettre fin aux combats qui ont fait, depuis le 4 avril, 443 morts, 2.553 blesss et 60.000 dplacs.

FIN/INFOSPLUSGABON/JHN/GABON2019

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