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Accélération des efforts de recherche d'une solution politique à la crise en Libye

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Tripoli, Libye, 15 mars (Infosplusgabon) - Les rencontres se sont intensifiées ces dernières semaines en Libye en vue d'accélérer la recherche d'une solution politique à la crise en surfant sur la vague insufflée par la réunion fin février dernier entre les deux principaux protagonistes en Libye, le président du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, et le maréchal Khalifa Hafter, chef de l'Armée nationale libyenne, pour relancer le processus politique avec la contribution de la Communauté internationale plus que jamais impliquée dans un règlement politique dans ce pays de l'Afrique du Nord.

 

La clé de ce règlement politique se trouve dans la tenue de la Conférence nationale inclusive en Libye dont les préparatifs vont bon train notamment la multiplication des réunions avec les protagonistes libyens aussi bien par l'envoyé de l'ONU en Libye que par la Communauté internationale représentée par l'Union africaine, les Nations unies et l'Union européenne , preuve d'une nouvelle volonté de peser pour parvenir à une issue à la crise en Libye qui dure depuis plus de huit ans.

 

La visite de deux jours d'une délégation commune de l'ONU et de l'Union africaine a constitué un message fort aux protagonistes libyens sur l'engagement des deux organisations à coordonner sur la Libye, en vue de pousser vers une solution rapide dans ce pays.

 

Le dernier sommet ordinaire de l'Union africaine a débouché sur une recommandation d'une plus grande coordination avec l'ONU sur le dossier libyen ainsi que l'élaboration d'une feuille de route comprenant une rencontre de réconciliation libyo-libyenne, l'organisation d'élections générales et le soutien au Plan de l'envoyé de l'ONU en Libye.

 

La secrétaire générale adjointe des Nations unies aux Affaires politiques et à la consolidation de la paix, Marie-Rose DiCarlo, et le commissaire à la Paix et à la Sécurité de l'UA, Ismail Charghi, qui ont conduit la délégation commune, ont rencontré le président du Conseil présidentiel Fayez al-Sarraj, le président du Haut Conseil d'Etat et le maréchal Khalifa Hafter , chef de l'Armée nationale libyenne, ainsi que certaines composantes de la société libyenne.

 

Les discussions ont porté sur le processus politique en général et la nécessité de la mise en œuvre du Plan d'action de l'envoyé des Nations unies, Ghassan Salamé, fondé sur la tenue d'abord d'une Conférence nationale inclusive sensée amener les Libyens à un consensus sur un calendrier de l'agenda électoral à réaliser par la suite et devant mettre fin à la transition politique dans le pays en dotant la Libye d'institutions pérennes.

 

L'Union européenne s'est aussi impliquée à travers ses ambassadeurs accrédités en Libye en rencontrant, mardi, les principaux protagonistes libyens à Tripoli, les exhortant à œuvrer ensemble pour une solution politique, mettant en garde ceux qui font obstacle au processus en agitant les menaces de sanctions.

 

La Ligue des Etats arabe déjà engagée dans la recherche d'une sortie à la crise en Libye via quartet dont elle est membre (Union Africaine, ONU, Ligue arabe et Union européenne), a rappelé, jeudi, par le biais de son secrétaire général, une réunion prévue en avril avec les autres membres pour affiner les positions entre les protagonistes libyens et baliser la voie à un consensus réglant la crise politique et sécuritaire.

 

Toutes ces consultations tout azimut visent, selon les observateurs, à assurer la tenue de la Conférence nationale inclusive qui était prévue début janvier dernier mais que les divergences entre les protagonistes ont différé de l'aveu même de M. Salamé, chargé de la supervision du processus politique en Libye.

 

Abdessalem Fitouri, analyste politique libyen, estime que "l'engagement de plus en plus fort de la Communauté internationale dans la recherche d'une solution en Libye reflète une lassitude à l'égard de la persistance de la crise dont les effets se font sentir aussi bien dans le voisinage immédiat de la Libye qu'au-delà".

 

"Toutes ces rencontres constituent en fait des pressions exercées sur les protagonistes pour les mettre devant leurs responsabilités afin de faire preuve davantage de flexibilité pour participer à la Conférence inclusive et contribuer à une solution consensuelle sur les questions essentielles", a ajouté M. Fitouri.

 

Tout en reconnaissant l'importance de l'implication de la Communauté internationale dans le règlement de la crise en Libye, Muftah Tarhouni, cadre dans une administration publique, a, de son côté, exprimé ses craintes que "les considérations strictement égoïstes de certains pays occidentaux et régionaux ne priment sur l'objectivité et la sincérité dans la recherche d'une solution pour régler définitivement la crise en Libye".

 

Etayant son point de vue, M. Tarhouni a affirmé que "les ingérences des pays étrangers en Libye sont notoires et ont jusqu'à présent empêché de parvenir à une issue négociée, chacun veillant à préserver ses propres intérêts".

 

Il a, à titre d'exemple, cité " la concurrence à laquelle se livrent l'Italie et la France en Libye qui a déjà fait capoter une feuille de route qui prévoyait des élections générales en décembre 2018, à l'issue d'une rencontre entre les principales parties libyennes en mai à Paris sous les auspices du président français Emmanuel Macron. C'est en particulier de l'opposition du gouvernement italien à ces élections qui a compromis l'atteinte d'une issue".

 

Un rapport des Nations unies a fait état "d'une guerre par procuration" entre Rome et Paris pour le contrôle des énormes richesses pétrolières dont regorge la Libye.

 

Idriss al-Majabri, un activiste de la société civile en Libye, a affirmé que "la guerre menée actuellement dans le sud de la Libye incarne l'un des épisodes de cette course à laquelle se livrent l'Italie et la France dans le pays", invoquant  "les intérêts des deux pays dans cette région notamment le pétrole et la lutte contre les groupes terroristes".

 

Mi-janvier, le maréchal Khalifa Hafter, commandant de l'Armée nationale libyenne basée dans l'Est du pays, a lancé une opération militaire d'envergure dans le sud de la Libye  pour chasser " les groupes terroristes, les bandes criminelles et autres trafiquants" qui écument la région. Une opération qui n'a pas fait l'unanimité au sein des Libyens, certains craignant qu'elle ne serve de prétexte pour Hafter pour assouvir ses desseins d'extension et de prise de pouvoir.

 

Des mouvements de troupes de l'Armée nationale libyenne observés ces derniers jours près de Syrte (450 km est de Tripoli) ont suscité des inquiétudes et fait monter la tension dans la région. Une situation qui fait craindre l'escalade ou des affrontements armés.

 

Mais Ghassan Salamé a tenu à rassurer, lors d'un entretien sur la télévision "Libya al-Ahrar", sur les bonnes intentions de Khalifa Hafter qui lui a assuré sa volonté de s'inscrire dans le processus politique en cours dans le pays et qui a exclu la solution militaire comme procédés pour résoudre le conflit en Libye.

 

En outre, des pays comme l'Egypte, le Qatar, la Turquie, les Emirats arabes unis et le Soudan se sont compromis dans le conflit en Libye en soutenant un camp au détriment d'un autre avec l'envoi d'armes, de munitions et autres appuis financier et politique.

 

Le président du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, s'est plaint, mardi, lors d'une rencontre à Tripoli avec les ambassadeurs de l'Union européenne, de la poursuite du déversement du flux des armes aux différents protagonistes en Libye.

 

Revenant au processus politique dans le pays, Slah Maatoug, employé dans une compagnie pétrolière à Tripoli, a affirmé que "la tenue d'une Conférence pour laquelle sont déployés actuellement les efforts, parviendra à fédérer les points de vue des Libyens qui transcenderont leurs divergences en faisant prévaloir les intérêts supérieurs du pays et trouver un règlement débouchant sur la stabilité et la paix, permettant de construire le nouvel Etat auquel aspirent tous les citoyens".

 

Optimiste, M. Maatoug, estime que "cette fois-ci se sera la bonne parce que tous les ingrédients sont réunis pour tenir la Conférence inclusive qui sera une opportunité pour les Libyens de solder définitivement leur crise".

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/MIR/GABON2019

 

 

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