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Les Libyens réclament la gestion de leurs avoirs gelés à l’étranger après les révélations sur les retraits en Belgique

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Tripoli, Libye, 5 novembre (Infosplusgabon) - La révélation du retrait de 535 millions d’euros entre 2012 et 2013 représentant les intérêts sur une somme de près de 15 milliards d’euros gelée dans une banque en Belgique en 2011 par une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies, a provoqué un tollé en Libye; certains y voient une dilapidation des ressources du pays, et d’autres veulent savoir où et comment a été dépensé cet argent.

 

 

Tous sont unanimes sur la nécessité de reprendre l’initiative sur les dizaines de milliards de dollars appartenant à la Libye qui dorment dans des comptes bancaires partout dans le monde.

 

La presse en Belgique a révélé que 235 millions d'euros d'intérêts des 12,8 milliards d'euros de la Libye placés auprès d'Euroclear Bank ont quitté ses comptes en 2012, puis 300 millions en 2013, précisant que les autorités belges ont reconnu avoir levé l'interdiction frappant les avoirs libyens gelés depuis 2011.

 

En Belgique où une polémique a éclaté sur fond d’accusations à l’encontre des autorités d’avoir permis le financement de milices impliquées dans la traite des êtres humains, le gouvernement a justifié cette levée sur la base de la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies du 4 octobre 2012, lorsqu'il est apparu qu'il n'existait plus de base légale pour maintenir le gel.

 

Pour le président du groupe de dialogue au Parlement, Abdessalem Nassia, le retrait de ces sommes des avoirs libyens en Belgique est illégal. Il a demandé au Procureur général libyen, à l’Autorité libyenne d’investissement (LIA) chargée de la gestion des placements libyens à l’étranger et au Bureau d’audit pour le contrôle des dépenses de l’Etat, de mener une enquête.

 

L’économiste et fondateur de la bourse des valeurs libyennes, Sleiman al-Choumi, a appelé à un réexamen des mesures prises en matière d’investissement et des capitaux libyens à l’étranger.

 

"Les informations faisant état de l'utilisation de fonds de la société libyenne d'investissements en violation des résolutions du Conseil de sécurité par certains pays et aux tentatives d'autres pays de contrôler les avoirs libyens pour divers motifs semblent maintenant importantes," a déclaré M. al-Choumi.

 

Il a proposé que la Mission d’appui des Nations unies en Libye (UNSMIL) soit chargée d’examiner la gestion des fonds de l’Autorité libyenne d’investissements et de ses avoirs et de publier un rapport clarifiant la vérité, comme elle le fait en examinant actuellement les opérations de la Banque centrale à Tripoli et à al-Beidha (Est).

 

De cette manière seront déterminées les responsabilités en matière d’examen financier et juridique afin que le peuple libyen soit informé de ce qui s'est passé et de ce qui se passe autour de son argent à l'étranger, a-t-il dit.

 

Khaled al-Majbri, expert bancaire libyen, a rejoint la proposition de Sleiman al-Choumi, demandant de joindre le dossier des avoirs libyens gelés à l’étranger à l’agenda du comité international chargé d’enquêter sur les résultats de la gestion de la Banque centrale de Libye sur la base d’informations indiquant la cession des intérêts des avoirs libyens bloqués dans les banques belges.

 

L'expert a indiqué que le Bureau d’Audit est également chargé d'examiner le mouvement de ces fonds en contrôlant les comptes de l’Autorité libyenne d’investissements, se demandant pourquoi on n'a pas effectué de contrôles sur ces fonds.

 

Pour M. al-Majabri, c’est l’Autorité libyenne d’investissements (LIA) et le Fonds libyen d'investissement à l'étranger (LAFICO), ainsi que le portefeuille d’investissements à long terme et le portefeuille africain (LAP) qui sont chargés de la gestion et du suivi des avoirs libyens à l’étranger, soulignant que l’état de division qui a affecté ces fonds souverains, en plus des conditions actuelles en Libye, rendent difficile la traçabilité des fonds retirés en Belgique.

 

Il s’est demandé "où sont allés les fonds retirés au cas où ce retrait est prouvé, et où ils ont été dépensés et pour le compte de qui. Pourtant la loi interdit à toutes les entités d’investissement susmentionnées de dépenser pour des institutions gouvernementales".

 

L'expert a expliqué que la responsabilité de l’action directe dans les fonds libyens ne revient pas au gouvernement belge, mais à la banque européenne, Euroclear Bank, qui est le médiateur européen auquel les autorités libyennes demandent la valeur des fonds qu’on souhaite retirer et c’est elle qui s’occupe de l’opération de retrait et de la conservation des documents.

 

Pour sa part, l’Autorité libyenne d’investissements (LIA) a démenti ce qui a été rapporté dans certains médias internationaux faisant état d'allégations d'irrégularités dans le retrait et la disparition de fonds des comptes de la Libyan Investment Authority et dans la demande de transfert de dépôt de comptes d'actifs gelés en Belgique sous le régime de sanctions des Nations unies.

 

L’Autorité d’investissements a indiqué dans un communiqué qu'il n'y avait aucune preuve que des fonds aient été utilisés pour financer des groupes armés, et le dernier rapport de l'ONU n'a conclu à aucune violation du régime de sanctions par la Libyan Investment Authority.

 

Dans son communiqué, la Société a déclaré qu'il incombe à la Libyan Investment Authority de gérer les actifs financiers au profit de la population libyenne, ce qui comprend la gouvernance, la supervision et le suivi de toutes les questions héritées du conseil d'administration au cours de la période précédente, avant d'être nommé en 2017 par le conseil d'administration qui à son tour est nommé par le gouvernement d'union nationale, reconnu par la communauté internationale.

 

Ainsi, la LIA a indiqué qu’elle étudie ces allégations et s’est engagée à collaborer avec les Nations unies et tous les organismes de réglementation locaux de chaque pays concerné afin de garantir la gestion des actifs conformément au régime de sanctions des Nations unies.

 

Le président du Conseil présidentiel, Fayez al-Sarraj, a demandé lors de sa rencontre avec le président du comité de sanctions du Conseil de sécurité des Nations unies, Olof Skog, la révision du régime des sanctions imposées à la Libye depuis 2011, affirmant qu’elles ont aggravé la situation économique et sociale des Libyens.

 

Il a réclamé que la gestion des fonds libyens gelés à l’étranger soit confiée au Conseil présidentiel afin de pouvoir honorer ses engagements.

 

Toutefois, selon certains analystes de la scène politique libyenne, lever le gel des avoirs libyens en cette phase où le pays est toujours en proie à l’insécurité, comporte un risque qui doit être pris en compte.

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/POL/GABON2018

 

 

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