Des groupes de défense des droits de l'homme critiquent l'amnistie par le président ivoirien des "crimes de guerre"
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Des groupes de défense des droits de l'homme critiquent l'amnistie par le président ivoirien des "crimes de guerre"

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Abidjan, Côte d'Ivoire, 9  août (Infosplusgabon) - Des groupes de défense des droits humains ont critiqué le président ivoirien, Alassane Ouattara, pour avoir accordé une amnistie à quelque 800 personnes soupçonnées d'implication dans la guerre civile sanglante de ce pays d'Afrique de l'Ouest en 2010-11.

 

Onze groupes nationaux et internationaux de défense des droits humains ont déclaré dans un communiqué de presse diffusé mardi, qu’il ne devrait y avoir aucune amnistie pour les crimes de guerre, crimes contre l’humanité et autres violations graves des droits humains commises lors de la crise post-électorale de 2010-11.

 

Le communiqué de presse, publié sur le site d’Amnesty International, a déclaré que contrairement à tous les engagements pour la justice depuis 2011, le Président Ouattara avait annoncé, le 6 août, qu’il accorderait une amnistie à 800 personnes accusées ou reconnues coupables de crimes liés à la crise de 2010-11 ou à des actes ultérieurs de violence anti-Etat, qui pourrait inclure des personnes impliquées dans de graves crimes contre les droits humains.

 

Le Président Ouattara a déclaré que l’amnistie ne s’appliquerait pas à 60 militaires et membres de groupes armés ayant commis des "crimes de sang" pendant les violences post-électorales.

 

Les groupes de défense des droits humains ont déclaré que des juges ivoiriens avaient inculpé plus de 60 personnes pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre liés à la crise de 2010-11, y compris des hauts responsables militaires et politiques des deux côtés du conflit, ajoutant que l’on ne sait plus qui parmi ces inculpés sera finalement jugé.

 

"Décider, après sept ans de procédures judiciaires impliquant des centaines de victimes et d’auteurs présumés, que seulement 60 personnes seront traduites en justice est non seulement une décision arbitraire, mais un manque de respect pour les victimes si elle permet aux auteurs présumés de crimes de guerre et de crimes à échapper à des poursuites ", ont déclaré les 11 organisations.

 

Les groupes de défense des droits humains sont Amnesty International, la Ligue ivoirienne des droits de l'homme, le Mouvement des droits de l'homme, l'Action pour la protection des droits de l'homme en Côte d'Ivoire, le Réseau des acteurs des droits de l'homme et la Coalition des défenseurs des droits humains.

 

Les autres sont le Club Union Africaine, le Forum de la société civile ouest-africaine Côte d'Ivoire, l’Organisation des femmes actives de Côte d’Ivoire, Human Rights Watch et la Fédération internationale des droits de l’homme.

 

La crise de 2010-2011 a commencé lorsque le président sortant, Laurent Gbagbo, a refusé de céder le pouvoir à Alassane Ouattara après l'élection présidentielle de novembre 2010. Au cours des cinq mois de violences et de conflit armé qui ont suivi, au moins trois mille personnes ont été tuées et plus de 150 femmes ont été violées. Les forces armées des deux côtés ont ciblé des civils en raison de leur appartenance politique et, parfois, ethnique et religieuse.

 

Les groupes de défense des droits de l'homme ont noté que le gouvernement ivoirien avait créé une Commission nationale d'enquête (CNE) pour identifier et documenter les crimes perpétrés entre 2010 et 2011, ainsi qu'une Cellule spéciale d'enquête et d'instruction (CSEI) pour poursuivre les responsables présumés.

 

Ils ont déclaré qu'après des années de travail, la cellule spéciale avait inculpé plus de 150 personnes pour "crimes de sang", y compris des alliés de Gbagbo et de Ouattara. Pour l'attaque de Duékoué en mars 2011, par exemple, où plus de 300 personnes ont été tuées par les forces pro-Ouattara, une vingtaine de personnes ont été inculpées. 20 autres ont été inculpées pour la répression des manifestations des partisans de Ouattara à Abidjan par les forces de sécurité de l'ère Gbagbo.

 

Des dizaines de personnes, originaires des camps de Ouattara et de Gbagbo, ont également été inculpées pour des attaques dans le quartier de Yopougon pendant la crise post-électorale et 80 autres accusées d’attaque contre un camp de réfugiés à Nahibly en 2012, y compris les chasseurs traditionnels Dozo et des membres de l'armée ivoirienne.

 

Le communiqué de presse indique que le droit international prévoit des poursuites pour les crimes graves tels que les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre, afin que les droits des victimes à la vérité, à la justice et aux réparations soient respectés. Les principaux traités internationaux auxquels la Côte d'Ivoire est partie - la Convention contre la torture, les Conventions de Genève et le Statut de Rome de la Cour pénale internationale - prévoient que les crimes graves doivent être poursuivis équitablement.

 

"Une amnistie pour des crimes graves serait également contraire aux principes de la charte fondatrice de l'Union africaine et de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples".

 

Le Président Ouattara a promis à plusieurs reprises de rendre justice aux victimes en déclarant en avril 2015, que "toute personne responsable d'atrocités sera jugée ... Je trouve inacceptable que les personnes qui ont tué, brûlé des personnes ou violé des femmes continuent de se comporter comme des anges, comme s'ils n'ont fait rien de mal". Le 9 mai, en réponse à une lettre de nos organisations, le procureur général de la Côte d'Ivoire s'est engagé à organiser rapidement des procès liés à la crise post-électorale.

 

"Si le gouvernement ivoirien renie ses engagements répétés de poursuivre les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité, cela ouvrira la voie à des procédures judiciaires devant des juridictions nationales et internationales interdisant les amnisties pour les crimes graves", ont déclaré les 11 organisations. "Le gouvernement devrait plutôt consulter la cellule d'enquête spéciale pour s'assurer que l'amnistie ne s'applique pas aux personnes accusées de crimes graves".

 

A la demande du Président Ouattara et du gouvernement ivoirien, la Cour pénale internationale enquête également sur les crimes commis par les forces pro-Gbagbo et pro-Ouattara lors des violences de 2010-11. Laurent Gbagbo est actuellement jugé à la CPI avec un proche allié, Charles Blé Goudé, pour crimes contre l'humanité.

 

Le gouvernement ivoirien a jusqu'ici refusé de transférer l'épouse de Gbagbo, Simone, à La Haye, arguant que les tribunaux ivoiriens sont disposés et capables de juger les affaires liées à la crise post-électorale.

 

Simone Gbagbo devait être rejugée par le plus haut tribunal pénal de Côte d’Ivoire pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité après que son acquittement de mars 2017 eut été annulé par la Cour suprême en juillet.

 

Cependant, M. Ouattara a cité Simone Gbagbo, qui purgeait une peine de 20 ans d'emprisonnement pour d'autres infractions liées à la crise post-électorale parmi les personnes qui bénéficieraient d'une amnistie, mettant en doute la volonté de la justice ivoirienne de la juger pour son rôle présumé dans des crimes contre l'humanité ou des crimes de guerre.

 

"L'histoire de la Côte d'ivoire montre à quel point l'impunité peut perpétuer la violence politique et les violations des droits de l'homme. A la veille de l'élection présidentielle de 2020, une amnistie pour les pires crimes de la crise post-électorale de 2010-11 enverrait un message dangereux : les dirigeants politiques qui ont recours aux atrocités peuvent éviter les sanctions ", ont déclaré les 11 organisations.

 

 

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