France : L’acquittement de Jean-Pierre Bemba est un affront pour les victimes, selon la FIDH
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France : L’acquittement de Jean-Pierre Bemba est un affront pour les victimes, selon la FIDH

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Paris, France, 11  juin (Infosplusgabon) - La Fédération internationale pour les droits de l’Homme (FIDH) et ses organisations partenaires ont estimé que l’acquittement, vendredi, de Jean-Pierre Bemba par la Chambre d'Appel de la Cour pénale internationale (CPI) des charges de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité est un affront pour les victimes.

 

«La FIDH et ses partenaires en République centrafricaine (RCA), qui avaient documenté les crimes imputés aux troupes de Bemba commis en RCA en 2002 et 2003, puis saisi la CPI, regrettent que ce jugement innocente le chef de guerre et laisse les victimes sans recours», a réagi l’organisation internationale suite à la décision de la Chambre d’Appel de la CPI rendue vendredi.

 

Selon la Fédération, les crimes du MLC contre la population civile furent massifs et systématiques et les violences sexuelles et particulièrement le viol ont été utilisées comme une arme de guerre, dans le but d’humilier, terrifier et punir la population civile centrafricaine, accusée de complicité avec la rébellion.

 

Il y a quelques mois, l’organisation a publié un rapport sur les rescapés des troupes de Bemba, estimées à plus de 5.000 victimes qui attendaient anxieusement les réparations pour les horreurs subies. «Aujourd’hui, les juges viennent de leur voler leurs derniers espoirs d’indemnisation et les renvoient à leur solitude et précarité", a twitté Karine Bonneau, responsable du Bureau Justice internationale de la FIDH.

 

Mme Bonneau a ajouté que la décision de l’acquittement, «qui repose principalement sur le fait que Bemba n’était pas présent à Bangui au moment des exactions, est une insulte aux milliers de victimes de l’armée qu’il a équipée, dirigée et envoyée semer la désolation en Centrafrique".

 

Ayant parfois tout perdu (proches, soutiens, biens), beaucoup sont malades (contamination par le VIH lors des viols) et souffrent de séquelles physiques et psychologiques graves et sont en outre encore stigmatisées et rejetées pour les viols subis, a affirmé la Fédération.

 

« Lors de la dernière mission de la FIDH en RCA auprès des victimes des crimes imputés à Bemba et ses troupes, deux victimes de viol nous avaient déclaré: « J’ai été soulagée de voir que Jean-Pierre Bemba avait été condamné (en 2016) » ; « il a été condamné mon cœur commence à s’apaiser un peu », a souligné l’organisation.

 

Depuis 2002, la FIDH et ses organisations membres et partenaires ont très régulièrement documenté les crimes perpétrés en République centrafricaine et soutenu les victimes dans leur accès à la justice et ont notamment soumis des communications au Bureau du Procureur de la CPI, mettant en lumière la gravité des crimes, ainsi que l’incapacité et le manque de volonté de l’État d’enquêter et de poursuivre les responsables.

 

"A l’heure où le Procureur de la CPS lance ses premières enquêtes, il est fondamental qu’elles s’attellent aussi à rendre justice aux victimes du conflit en 2003 et à poursuivre leurs auteurs", a déclaré Mathias Morouba, Président de l’Observatoire centrafricain des droits humains (OCDH).

 

Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la République démocratique du Congo (RDC) et ex-candidat à l’élection de 2006, avait été reconnu en 2016 coupable par la CPI de « crimes contre l’humanité » et de « crimes de guerre » commis en Centrafrique par les soldats de son organisation politico-militaire, le Mouvement pour la libération du Congo (MLC).

 

Mais vendredi dernier, la Chambre d’Appel de la CPI a décidé, à la majorité de ses juges, d’annuler la culpabilité prononcée en première instance, estimant que deux erreurs graves ont été commises: d’une part elle avait condamné à tort M. Bemba pour des actes criminels spécifiques qui étaient en dehors de la portée des charges telles que confirmées ; et d’autre part lorsqu'elle a examiné la question de savoir si Jean-Pierre Bemba avait pris toutes les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher, réprimer ou punir la commission par ses subordonnés des autres crimes relevant de l'affaire.

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/ILK/ GABON 2018

 

 

 

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