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MSF salue l'action de l'Afrique du Sud pour l'accès aux médicaments

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Johannesburg, Afrique du Sud, 4 juin (Infosplusgabon) - L'organisation caritative médicale, Médecins sans frontières (MSF), a salué la décision du gouvernement sud-africain d'appliquer une nouvelle politique sur la Propriété intellectuelle (PI), qui va mettre fin à l'attribution automatique des brevets, donnant ainsi espoir aux citoyens qui n'ont pas les moyens d'acheter les médicaments qu'il leur faut pour rester en vie et en bonne santé.

 

L'organisation a estimé que cette décision, prise après des années de plaidoyer de la Société civile à travers la campagne "Corrigez les lois sur les brevets" (FTPL, en anglais), était un premier grand pas en avant pour modifier les lois nationales en faveur de la santé publique.

 

MSF a indiqué, dans une publication sur son site web, que les lois sud-africaines actuelles sur les brevets permettaient aux grandes sociétés pharmaceutiques d'obtenir aisément des brevets multiples qui ne se justifient sur un seul médicament et d'appliquer des prix exorbitants.

 

"Par exemple, ce pays est l'un des plus touchés au monde par la tuberculose (TB) et la tuberculose résistante aux traitements (DR-TB). Ainsi, les prix élevés des médicaments limitent l'accès des patients à plusieurs médicaments essentiels pour traiter la tuberculose. Les personnes atteintes de tuberculose résistante aux traitements en Afrique du Sud n'ont pu avoir accès au Linézolide, dont le monopole des titulaires de son brevet a été prolongé et qu'il coûtait plus de 49 dollars le comprimé. Dans le même temps, des versions génériques de ce médicament étaient disponibles au prix de 8 dollars dans plusieurs pays, dont l'Inde".

 

MSF a indiqué que deux médicaments plus récents pour le traitement de la tuberculose résistante, la Bédaquiline et le Délamanide, ont également connu le même sort, ayant déjà fait l'objet de brevets multiples en Afrique du Sud, ce qui étend la validité de leurs brevets à plus de 20 ans.

 

"Ces médicaments ont un coût exorbitant de 900 dollars et 1.700 dollars, respectivement, pour un traitement de six mois. Des études ont montré que les prix réalistes des versions génériques de ces médicaments pourraient être compris entre 48 et 102 dollars pour la Bédaquiline et entre 30 et 96 dollars pour le Délamanide. Cependant, parce que ces médicaments ont fait l'objet d'une extension de leurs monopoles de brevet, leurs prix ne devraient pas baisser de si tôt", indique la publication.

 

D'après MSF, l'Afrique du Sud n'a pendant des décennies pas profité des flexibilités des règles de l'Organisation mondiale du Commerce, ce qui a rendu ce pays vulnérable à des pratiques abusives sur les brevets de la part des sociétés pharmaceutiques et gonflé les prix des médicaments.

 

L'organisation révèle que la nouvelle politique sur la Propriété intellectuelle adoptée la semaine dernière est conforme à l'accord international sur les aspects du droit de la Propriété intellectuelle touchant au commerce (ADPIC), qui permet au pays d'amender leurs lois sur les brevets pour la défense de la santé publique.

 

Elle a ajouté que la nouvelle loi sur le droit de Propriété intellectuelle n'aurait pas vu le jour sans les efforts collectifs de la campagne FTPL, qui défendait la réforme de la législation sur les brevets et a interpellé le gouvernement de diverses manières, entre autres, en descendant dans la rue, pour s'assurer de l'adoption d'une approche favorable au public.

 

"Cela a été un long chemin à parcourir pour la campagne FTPL, qui a constamment fait pression sur le gouvernement sud-africain pour une réforme de la législation sur les brevets dans l'intérêt du public et un meilleur accès à des médicaments abordables, grâce à la concurrence des génériques", a déclaré Salome Meyer de Cancer Alliance, un des membres de la campagne FTPL.

 

"Nous allons nous assurer désormais que cette politique devienne rapidement une loi et qu'elle soit appliquée rapidement. Il faut désormais mettre fin à la lutte des populations pour l'accès aux médicaments dont elles ont besoin", a-t-elle ajouté.

 

Jusqu'à présent, l'Afrique du Sud était dotée d'un système d'enregistrement des brevets qui permettait de les accorder sans un examen approfondi. La nouvelle politique comprend des points d'action explicites pour introduire une étude et une vérification approfondie des brevets, ainsi que des procédures pour permettre aux parties concernées de contester les décisions d'octroi des brevets. Elle comprend également des recommandations pour s'assurer d'une approche basée sur la santé publique pour l'autorisation des brevets.

 

"La nouvelle politique sud-africaine sur la Propriété intellectuelle ouvre la voie à la priorisation des besoins de la population sur les profits des entreprises", a indiqué Claire Waterhouse de la Campagne d'accès de MSF.

 

"Des pays comme l'Argentine et l'Inde ont trouvé un équilibre entre la défense de la santé publique et l'accès aux médicaments, en réservant les brevets à des produits médicaux véritablement nouveaux. En suivant leur exemple, nous sommes convaincus que si l'Afrique du Sud légifère et met rapidement en œuvre cette pratique, elle ne va pas seulement s'assurer que les populations ont accès aux médicaments dont elles ont besoin, mais elle va donner un exemple positif à d'autres pays et organisations de la Société civile en Afrique impliqués dans des processus de réforme de la législation sur les brevets.

 

La campagne Corrigez les lois sur les brevets (FTPL) est une coalition locale d'organisations de la Société civile sud-africaines qui défendent la réforme de la législation sur les brevets et qui interpellent le gouvernement sud-africain sur cette question depuis 2011.

 

Le groupe formé au départ par seulement trois organisations - MSF, Treatment Action Campaign (TAC) et SECTION27 - compte désormais une quarantaine d'organisations de plaidoyer et de patients intervenant dans des domaines comme le VIH, la TB, le cancer et les maladies mentales.

 

 

FIN/INFOSPLUSGABON/IST/GABON 2018

 

 

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